dimanche 4 septembre 2016

Les Solutions fondées sur la Nature (Nature based Solutions) pour relever les grands défis humains



Dimanche 4 Septembre au Congrès Mondial de la Nature, L’UICN souligne l’importance des Solutions fondées sur la Nature (Nature based Solutions) pour relever les grands défis humains.
La matinée a été consacrée à un débat de haut niveau avec deux panels de dirigeants, décideurs politiques, et mécènes sur la place des Solutions fondées sur la Nature dans les stratégies de développement durable.

Le but de cette session était de partager les visions et les expériences des personnalités des deux panels avec les participants sur la force du concept englobant des Solutions fondées sur la Nature pour faciliter la cohérence globale des politiques sur le changement climatiques, la conservation de la biodiversité, la gestion des risques naturels et le développement.

Stewart Maginnis, le directeur mondial du groupe sur les Solutions fondées sur la Nature et en charge de la supervision des travaux sur la gestion des écosystèmes à l’UICN a salué l’adoption de la motion 077 sur la définition des Solutions fondées sur la Nature et a rappelé que s’il est crucial d’enrayer l’érosion de la biodiversité, la préservation des écosystèmes peut également permettre de relever d’autres défis sociétaux.
La motion adoptée par les membres de l’UICN à l’occasion du congrès d’Hawaii stipule clairement que les Solutions fondées sur la Nature sont des actions qui protègent, gèrent et/ou restaurent les écosystèmes naturels et/ou dégradés afin de relever des défis sociétaux de manière efficace et adaptative en contribuant au bien-être humain et à la préservation de la biodiversité.

Sur la base de cette définition partagée, les invités du premier panel composé de Andrew Steer

, président et directeur général du World Resources Institute, Braulio Ferreira de Souza Dias, secrétaire exécutif de la Convention sur la Diversité Biologique, Humberto Delgado Rosa, Directeur pour le Capital naturel à la Direction générale de l’environnement de la Commission Européenne, Naoko Ishii, Présidente Directrice Générale du Global Environment Facility et Hon. Jesca Osuna Eriyo, Deputy Secretary General (Productive and Social Sectors) ont témoigné et échangé leur point de vue avec les participants sur les synergies possibles et souhaitables des politiques globales en faveur des Solutions fondées sur la Nature.

Dans un second temps, les invités du deuxième panel composé de Edmund Barrow, directeur du programme mondial de gestion des écosystèmes de l’UICN, Ashok Khosla, Président de Development Alternatives et ancien président de l’UICN, Lynda Mansson, Directrice générale de la Fondation MAVA, Julia Bucknall, Directrice pour l’Environnement et les ressources naturelles à la Banque mondiale et Paul Trianosky, Officeri en chef de la conservation à la Sustainable Forestry Initiative Inc. ont débattus avec la salle des efforts nécessaires à l’implémentation des Solutions fondées sur la Nature non seulement dans les politiques mais aussi dans les entreprises et la gestion opérationnelle des territoires.
 
Le lancement du rapport détaillant la définition des Solutions fondées sur la Nature et illustrant ce concept par des exemples à travers le monde a eu lieu en fin de journée sur le pavillon « Eau ». Stewart Maginnis a souligné à cette occasion le travail central d’Emmanuelle Cohen-Shacham pour la production de ce rapport et l’organisation des évènements dédiés aux Solutions fondées sur la Nature à l’occasion du congrès.
Le rapport est téléchargeable en suivant ce lien : https://portals.iucn.org/library/node/46191

Pauline Teillac-Deschamps

Rénovation du site Panorama des solutions

L’UICN et l’agence allemande de coopération internationale (GIZ) se sont associées en 2014 pour développer un portail appelé Panorama des Solutions, dont l’objectif est de permettre aux gestionnaires de partager des expériences réussies de conservation. Une première version du site avait été lancée à l’occasion du Congrès mondial des parcs de Sydney et Hawai’i a marqué le lancement de la seconde version de cette base de données.

Trevor Sandwith, directeur du programme global des aires protégées de l’UICN, a d’abord présenté la philosophie de ce projet, qui vise à promouvoir des exemples inspirants, réplicables sur un ensemble de sujets concrets intéressant la conservation et le développement. Le panorama permet aux gestionnaires de partager des « success stories » à une échelle globale. Le nouveau site intègre de nombreuses améliorations. Marie Fischborn a ensuite fait une démonstration de son fonctionnement afin de présenter les principales évolutions. L’interface a notamment été modernisée, avec un regroupement par thématique (adaptation écosystémique aux changements climatiques, milieu marin) et un système de recherche avancée permet d’accéder à des solutions par sujet, par région ou par écosystème. Il est également possible de proposer des solutions en renseignant un formulaire en ligne. La base est disponible à l’adresse suivante : http://panorama.solutions/en 

Avec cette dernière session s’est conclu le programme général du pavillon planète protégée. Place maintenant à l’Assemblée générale de l’UICN, qui va commencer demain pour les discussions et les votes des recommandations ainsi que les élections des Conseillers et des Présidents de Commissions thématiques. Plusieurs participants quittent le congrès à ce stade et de nombreuses soirées de clôture sont organisées sur la plupart des pavillons. 







La liste verte à l'honneur

Ce dimanche avait lieu une série de sessions sur la liste verte des aires protégées, toutes regroupées en fin d’après-midi pour leur donner plus de visibilité, dans un programme global très dense et diversifié.

Le Comité français de l’UICN organisait une session intitulée « la liste verte, un cadre efficace de coopération écorégional » dont l’objectif était de démontrer qu’en plus de reconnaître la qualité de gestion d’un site, la liste verte offre des opportunités de collaboration entre pays et gestionnaire, allant de l’échange d’expériences à la définition de projets communs.

Pendant une heure, les intervenants se sont succédé pour présenter des études de cas en Europe, en Amérique Latine et en Asie, trois régions fortement mobilisées dans le développement de ce nouvel outil de connaissance. Le Directeur du Centre de la Méditerranée de l’UICN, Antonio Troya, a fait un bilan des travaux menés en coopération entre l’Italie, la France et l’Espagne pour le développement d'indicateurs communs et mentionné la reconnaissance cette année par la Convention de Barcelone comme un outil clef de suivi et d’évaluation de la qualité de gestion des ASPIM. Les trois pays sont actuellement engagés dans la préparation d’un projet Life visant à appliquer les critères de la liste verte à un échantillon représentatif de sites Natura 2000. Yan Zhang est venu témoigner des actions menées par le groupe de travail liste verte chinois en collaboration avec la Corée du Sud. Des intervenants mexicains, péruviens et colombiens ont clôturé la session en présentant des initiatives commues en matière de capacitation et de profesionnalisation des gestionnaires. 

Le Président de l’UICN est venu à la suite des présentations sur le pavillon Protected Planet afin d’exprimer son soutien au développement de l’outil liste verte, en soulignant sur une approche positive et valorisante des gestionnaires d’aires protégées.  

La liste verte est actuellement mise en oeuvre dans 8 pays et depuis son lancement officiel en 2014, plus de 15 nouveaux pays sont venus rejoindre l’initiative. James Hardcastle, du programme global des aires protégées de l'UICN, a invité à la tribune des gestionnaires et des responsables de réseaux d’aires protégées du Pérou, du Mexique, du Japon et du Vietnam afin de témoigner de leurs motivations à l’égard de ce nouvel outil, appelé à devenir une référence mondiale pour la gestion et la gouvernance des aires protégées.

Antonio Troya (UICN Méditerranée)

Participants à la session 

Yan Zhang (Chine)

Mauricio Herrera (WWF Colombie) et Daniela Rubio (Mexique)

Julia Miranda (Parcs nationaux de Colombie) et Daniela Rubio (Mexique)

Représentant du Pérou

Zhang Xinsheng (Président de l'UICN)

Pays engagés dans la liste verte des aires protégées

10ème anniversaire du PPI, un programme de terrain sur mesure pour les ONG africaines, actives dans la protection de l'environnement 


Le 3 septembre 2016, dans le cadre du congrès, le PPI a fêté ses 10 ans d’actions en faveur de l’accompagnement des acteurs de la société civile africaine dans la conservation de la biodiversité et la lutte contre les changements climatiques.

Cet événement, qui a rassemblé une centaine de personnes, a été l'occasion de présenter les principaux résultats et actions réalisées tout en échangeant sur les perspectives pour les prochaines années.  
Les intervenants, dont l'Ambassadeur français dédié à l'environnement et 2 ONG bénéficiaires, ont notamment fait part leur satisfaction vis-à-vis des réalisations du PPI.
                                               Pr Roger Ngoufo de l'ONG camerounaise CEW

Depuis 2006, le PPI, financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), géré par le Comité Français de l’UICN en partenariat avec le Programme Afrique Centrale et de l’Ouest (PACO) de l’UICN, a soutenu 181 projets en Afrique centrale et de l’Ouest, ainsi qu’à Madagascar et au Mozambique. Le programme a ainsi permis de consolider une cinquantaine d’Organisations de la Société Civile (OSC) en particulier dans sept pays prioritaires (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Cameroun, Congo et RDC) où elles ont bénéficié d’un accompagnement sur mesure.
En dix ans, ce sont plus de 6.3 millions d’euros qui ont été mobilisés par le FFEM pour financer directement les projets qui reçoivent en moyenne 34 000 €  sur une durée de 20 mois environ. Ces subventions permettent d’obtenir des résultats de terrain significatifs et particulièrement bien dimensionnés par rapport aux OSC sélectionnées avec 8,3 millions d’euros de cofinancements provenant des OSC elles-mêmes, des bénéficiaires et/ou d’autres partenaires financiers. 14,6 millions d’euros ont ainsi été levés au total entre 2006 et 2016.
Dans un contexte global d’États peu actifs — voire défaillants — sur les questions de conservation de la biodiversité et de lutte contre les changements climatiques en Afrique, les OSC constituent des acteurs incontournables. En tant qu’acteurs de terrain indépendants et non-étatiques, elles ont en effet un rôle essentiel à jouer afin d’améliorer les conditions de vie des populations locales, de renforcer les mécanismes locaux ainsi que la gouvernance de la Gestion des Ressources Naturelles (GRN) et d’entretenir un lien avec les institutions nationales dont elles contribuent à élaborer et mettre en œuvre les politiques d’actions. Elles promeuvent des approches participatives permettant aux populations de proposer des solutions innovantes, et réalisent des actions concrètes sur le terrain.
Ce programme a permis aux OSC d’obtenir un appui sur l’élaboration et la mise en oeuvre de leurs projets couvrant de nombreuses thématiques (espèces menacées, aires protégées, filières vertes…). 10 ans après son lancement, le PPI représente aujourd’hui un « label » reconnu dans le monde de la conservation.
Cet événement s'est clôturé autour d'un cocktail.

Droit de l'environnement

Le premier jour du Forum, s'est tenu un atelier sur le devenir du principe de non-régression organisé par le Centre International de Droit Comparé de l'Environnement (C.I.D.C.E.), membre de l'UICN.

Quatre ans après l'adoption d'une recommandation portant sur l'Intégration du principe de non-régression dans le droit et la politique de l’environnement" lors du 5ème Congrès mondial de la nature de l'UICN, cet atelier a proposé un bilan de l'application du principe de non-regression.

A retenir :

- 174 nations ont reconnu « le droit à un environnement » dans leurs constitutions. Pourtant même si ce principe de non-regression y est inhérent, il est encore peu appliqué.

- la création d'un observatoire juridique mondial de la non-régression

- Des premiers indicateurs pour repérer des cas de régression du droit de l’environnement

- la grande avancée en France avec la promulgation de la loi biodiversité qui dans son article 2 reconnait ce principe en promouvant une amélioration constante de la protection de l'environnement

Les conclusions de l'atelier ont porté sur plusieurs perspectives :
- l'inscription du principe de non-regression dans la constitution française 
- distinguer les simplifications des procédures en matière environnementale qui ne sont pas des régressions
- veiller à associer ce principe à celui de l'amélioration continue et démarche de progrès

Florence CLAP

samedi 3 septembre 2016

Les personnalités du Congrès

Principal forum mondial de la conservation de la nature, le Congrès est un lieu idéal pour  rencontrer des personnalités de renom, tels que Jane Goodall ou Edward Wilson, fondateur de la sociobiologie et inventeur du concept de biodiversité, venus partager leurs réflexions avec un auditoire plus qu'attentif. Ce court billet est l'occasion de rendre hommage à toutes celles et ceux, célèbres ou anonymes, qui oeuvrent chaque jour pour la conservation de la nature.

Edward Wilson



vendredi 2 septembre 2016

Publication du rapport Planète protégée 2016

Depuis 2012, la Commission mondiale des aires protégées et le centre mondial de surveillance continue de la nature (WCMC) publient tous les deux ans le rapport Protected Planet pour évaluer la mise en oeuvre de l'objectif n° 11 d'Aichi (Convention sur la diversité biologique). Une nouvelle mise à jour a été présentée aujourd'hui, permettant de rendre compte de la contribution des aires protégées au plan stratégique pour la biodiversité 2010-2020 et aux objectifs de développement durables 2030.

Aujourd'hui, 14,7% des écosystèmes terrestres et 10,1% des eaux territoriales sont protégés. Le taux de croissance des aires marines protégées au cours de la dernière décennie a même avoisiné 300%! L'objectif quantitatif de couverture globale en aires protégées est donc près d'être atteint sur le domaine terrestre et sera même dépassé dès l'année prochaine pour les océans. Toutefois, de nombreux déséquilibres persistent, à commencer par d'importantes disparités régionales dans l'emprise territoriale des aires protégées : les pays d'Amérique latine protègent la majeure partie de leurs territoires tandis que le taux de couverture en aires protégées au Proche et au Moyen Orient ne dépasse pas 3%. La représentativité écologique de ces dispositifs est encore insuffisante puisque moins de 20% des zones clefs de biodiversité sont complètement protégées. Par ailleurs, de nombreux progrès restent à réaliser pour améliorer l'efficacité de la gestion, qui n'est pleinement évaluée que dans un pays sur cinq.  

En plus du rapport global, certains pays comme la Corée du Sud ont appliqué la même méthodologie d'évaluation afin d'assurer un suivi de la mise en oeuvre de l'objectif d'Aichi n°11 à des échelles plus détaillées. 

Le rapport en anglais est disponible à l'adresse suivante : http://protectedplanet.net/c/protected-planet-report-2016
Une traduction française est prévue d'ici la fin de l'année.





Thierry LEFEBVRE